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Historique
Comme de rares autres carnavals de Suisse romande, les Brandons d’Yverdon sont plus que centenaires.
Historique des Brandons d'Yverdon L’on retrouve trace de cette tradition dans les archives du Quotidien local au-delà de l’année 1870, la manifestation étant à l’origine liée à la vente de beignets plats ou de beignets à la rose, sans quoi la fête n’en était pas réellement une dans la capitale du Nord vaudois. En plusieurs lieux de la ville, la population pouvait alors déguster cette friandise. 132 ans plus tard, la fête bat toujours son plein, axée sur les meilleures fanfares de carnaval du pays, sur un aspect populaire presque inégalé, puisque cortège et entrée sous le chapiteau sont gratuits, et sur des bistrots métamorphosés de la plus étonnante des manières.
Il est des décennies que les Brandons sont célébrés à Yverdon. Toujours est-il que la tradition amorça un nouveau départ lorsqu'en 1965, Ernest Destraz et Marcel Paschoud, membres de la fanfare L'Avenir, intervinrent auprès du commissaire de police Gallay, qui jusqu'alors s'occupait seul de convoquer les deux fanfares locales pour le dimanche soir.
En fait, l'intervention visait à la suppression de la manifestation, qui à cette époque souffrait manifestement d'un manque total d'intérêt de la part de la population. Pour preuve, la poignée de flambeaux qui suivirent les fanfares cette année-là.
Malgré ces démarches et des propositions d'alternatives (fête de printemps, des fleurs...), la Municipalité d'alors réaffirmait en 1966 sa volonté de voir les Brandons célébrés à Yverdon. Elle fixera même le jour de la manifestation six semaines avant Pâques.
Forts de cette impulsion, les Brandons 1967 voient défiler 21 groupes le dimanche à 15 heures, par un froid sibérien
La fête restera sur cette lancée jusqu'en 1970, avec en moyenne une quinzaine de groupes.
1971, année noire. Six groupes inscrits, y compris les fanfares. Déboussolé par ce flop, le comité d'organisation se dissout. En plein samedi après-midi, une équipe de jeunes du Caveau organisent les obsèques des Brandons, et font publier des faire-part dans le "Bourdon", journal satirique du carnaval.
1972-1976: le cortège a à nouveau lieu le dimanche soir.
En 1977, sur demande du Municipal Edouard Pérusset, le greffe sélectionne quelques citoyens, qu'il convoque pour créer une commission de la Municipalité chargée de l'organisation des Brandons. Et, contrairement à la tradition de mise dans bien d’autres villes, ni l’accès au cortège, ni celui au chapiteau de cirque de la fête, ne sont payants.
Ainsi relancés, les Brandons 1978 verront à nouveau un cortège le dimanche soir. Celui-ci sera suivi d'un bal à l'Hôtel de Ville. Notons que cette année-là, le public du cortège eut l'occasion de regarder d'un oeil inquisiteur un couple du public qui avait eu le front de se déguiser et de tenter quelques frasques... C'est dire si l'esprit carnaval n'avait pas encore imprégné les Yverdonnois. D'autant que le feu d'artifice sur la place Pestalozzi tint plus figure de cérémonie solennelle (bouquet final en croix suisse...) que de délire carnavalesque.
C'est en 1979 qu'apparaît pour la première fois un thème: "Joie et mouvement". En 1980, sous le thème "Couleurs et lumières", et sur proposition d'Ernest Destraz (encore lui!), la fête se termine au Casino.
1981: thème Masques et costumes.
1982: thème Plumes folies. Fait marquant, l'apparition pour la première fois d'une guggenmusik. En effet, bien que dès 1967 L'Avenir participait déguisée aux cortèges, c'étaient jusqu'alors des musiques "classiques" qui se faisaient entendre lors des défilés. C'est de la cité lucernoise de Kriens que des guggen vinrent donc régulièrement chaque année, sous l'impulsion d'Heinrich Wachter, instaurant ainsi une coutume qui dure encore de nos jours.
1983: thème Contes et féeries.
1984: thème Tous dans le bain.
1985: thème Froufrous et dentelles.
1986: thème Le Monde du cirque.
1987: thème Carnavmusicologie.
1988: thème Une fête en or. C'est Pestalozzi lui-même qui poussa les Brandons en direction de la rue de la Plaine. En effet, le déménagement du grand homme mit la place qui porte son nom sens dessus, dessous. Et le comité dut trouver un emplacement pour le concours des déguisements. C'est donc à l'extrémité ouest de la Plaine qu'eut lieu cette partie des festivités.
Fort du succès de cette édition, le comité va se voir pousser des ailes. Demande est faite à la municipalité de faire la fête sur deux jours, sous une cantine, avec de plus, une couverture de déficit permettant d'étoffer le programme en engageant une ou plusieurs guggenmusiks supplémentaires. En 1989, un comité rôdé prépare des Brandons en adjoignant au programme toutes les variantes que permet le maigre budget d'alors, sous le thème Folie en rouge et vert.
Avec Tout feu tout flamme, son édition 1990, le carnaval yverdonnois s'ouvre à l'art. Le comité d'organisation entre effectivement en contact avec le dessinateur-caricaturiste Boubou, alias Yves Bourquin, qui accepte de donner un relief fantastique à l'affiche de la fête (masques rouges et jaunes sur font noir du plus bel effet), et cette superbe expérience sera reconduite plusieurs années. Cette édition, c'est aussi la présence pour la première fois de deux guggenmusiks suisses alémaniques, une clique venant désormais épauler celle provenant de Kriens. Le choix se porte sur les Loechlitramper, qui personnifieront de manière extraordinaire le renouveau des Brandons d'Yverdon, et seront présent sans discontinuer depuis cette année-là jusqu'en ...
Parallèlement, les organisateurs yverdonnois, qui ont relancé magnifiquement leurs Brandons de 1990, et viennent de fêter les dix ans du renouveau, tiennent à associer fanfares de carnaval romandes et suisses alémaniques de la plus agréable et de la plus équitable des manières. De part et d’autres de la Suisse, les tendances musicales sont différentes, avec la fraîcheur de Suisse française, la plus pure tradition de la Suisse centrale, les rythmes très jazzy et rythmés de Bâle, ou les mélodies prenantes de Schaffhouse, voire la fantaisie tessinoise. Volonté est indéniable à Yverdon de donner à chaque tendance l’occasion de s’exprimer, panachage varié et attrayant possible grâce à la présence d’une douzaine d’ensembles.
Voyant affluer d'année en année une foule de plus en plus bigarrée et joyeuse, le comité, structuré, se rôde à la pratique du budget et des comptes, tout en trouvant chaque année de quoi faire progresser les Brandons. Comme par exemple la Course à pied des Brandons, qui verra le jour en 1991, alors que thème est Le monde à l'envers. 1991, c'est aussi le début de l'explosion musicale: de deux ensembles suisses alémaniques, l'on passe à quatre, et ce sont sept groupes instrumentaux qui animent les rues de la ville, dans la mesure où les Ste-Crix du Boxon effectuent leur toute première apparition sur sol yverdonnois.
Un signe qui ne trompe pas: en 1992, on verra davantage de personnes déguisées dans la rue, que de spectateurs "passifs". La 2e édition de la Course des Brandons est une réussite, mais ce sera malheureusement la dernière également. Alors que le thème de la fête est BD Folies, Les Purges, l'une des deux guggenmusik d'Yverdon, celle du Cormus en l'occurrence, change d'âme et de nom, et se transforme en Bigpedzeband.
Une fois de plus, ce sont d'importants travaux qui, en 1993, pousseront la manifestation sur la place d'Armes, pour trois jours, sous chapiteau. C'est le Cirque... En définitive, les Brandons ont eu raison de prendre leurs aises. Neuf guggenmusiks sont effectivement de la partie, du jamais vu... jusque là. Et puis, surprise, l'une d'entre elle a effectué le déplacement gratuitement, et loge... à l'hôtel. Grande nouveauté également, un 3e cortège voit le jour, en étoile, permettant aux guggenmusiks de faire leur entrée en fanfare dans la ville le samedi après-midi.
En 1994, le comité d'organisation démontre une fois encore qu'il tient à aller encore et toujours de l'avant sur le plan des innovations. Pour la première fois, une clique de l'étranger, les Sans-Soucis de Bordeaux, est de la partie, de même qu'une guggen tessinoise. Si la France sera accueillie à bras ouvert, la clique tessinoise fera davantage du grabuge, mais le comité, encore mouillé derrière les oreilles en matière de guggenmusiks, doit faire ses expériences. Pour sa part, le Bigpedzband a posé un lapin aux Tâtches, et se désagrège. Ne le répétez pas, pour la première fois également, le comité fait une fugue en automne, se fait la malle en Bourgogne, et y passe un week-end de rêve aux frais des membres. Une belle tradition naît alors... Enfin, l'on fait un pas en direction d'une plus grande animation des rues du centre ville, en lançant un Challenge des bistrots.
Comme dans certaines danses, on fait un pas en avant, un en arrière. En 1995, étonnamment, l'on en revient à six guggenmusiks, mais en invitant des Allemands, les Oktave-Chratzer de Brombach. Une guggenmusik fait faux bon à la dernière minute. Les Gaugewäudler d'Ammebrog seront remplacés au pied levé par les Tuufener Sud Wurst. Si musicalement la fête fait un pas en arrière, elle fait un bon en avant en s'étalant pour la première fois sur trois jours. Reste désormais à fidéliser la population pour une soirée du vendredi soir avant tout familiale. Le comité crée de surcroît La Pommade, journal satirique destiné à soigner les piqûres du Bourdon, , et à mieux vendre l'image de la fête.
En 1996, le Challenge des bistrots est repensé et mieux structuré. Le résultat ne se fera pas attendre, puisque pour la première fois, les échos seront unanimes quant à la réussite de la fête, élevée au niveau de bien des carnavals de Suisse romande. La folie a bel et bien gagné les rues de la ville. L'année en question marquera aussi la naissance d'une collaboration plus étroite avec les carnavals de la région, histoire d'éviter toute concurrence malsaine. Les récompenses aux guggenmusiks sont étoffées, et pour la première fois, la fête prend vraiment toute son ampleur sur le plan de la palette musicale.
1997 est certainement à marquer d'une pierre blanche dans le livre d'histoire des Brandons. Ce sera à l'évidence l'année de la maturité, pour une manifestation qui, d'une petite et sympathique animation de ville, est devenue une méga-fête. Pour preuve, 12 guggenmusiks hanteront les rues un week-end durant. Tout est peaufiné, les deux concerts du samedi à 15 h 30 et du dimanche à 11 h remportent un succès sans pareil. Evénement aussi, avec la présence de plus de vingt classes d'école, alors qu'une année auparavant, elles n'étaient encore que cinq. Le cortège sera d'autant plus beau, le plus coloré, le plus étoffé et le plus féerique de tous ceux mis sur pied, d'un avis unanime. L'on rend l'intérieur du chapiteau de la place d'Armes plus attrayant, avec des bars fermés et la présence d'une grande mascotte, preuve de l'intention du comité de décorer mieux encore le lieu stratégique de la fête. Et puis, les Radio locales offrent une belle ouverture au comité, par le biais de longs interviews diffusés plusieurs fois.
Et depuis les Brandons d'Yverdon n'ont cessé de grandir et devenir un passage obligé de tous et avec un potentiel de fête encore plus grand……………………..
L'an passé, deux des guggenmusiks les plus réputées de Suisse, les Seegusler et les Arvi-Hyler, n'étaient-elles pas présentes les 10, 11 et 12 mars, pour faire danser la population au rythme des " Contes 2000 et une Nuit "? La guggen des Arvi-Hyler a d'ailleurs fait souvent acte de présence, à sa propre demande, ce qui réjouit les organisateurs. En mars 2001, c'est sur le thème très évocateur de "Versailles story" que tout le monde fera la révolution dans les rue d'Yverdon, pour la première fois sur quatre jours, puisqu'un loto sera organisé le 8 mars, avant trois jours de liesse. Les Champions suisses des L'Os Clodos, de Vionnaz, ont déjà accepté d'animer musicalement la ville, au même titre que la Spacatimpan de Chiasso, de la Niouguen's du lieu, et des Stollagusler de Sachseln. D'autres les depuis et pour longtemps encore.…………….

